La mise en place de la traduction dans la société du savoir
Un débat passionnant a réuni vendredi à Rabat une pléiade de philosophes, traducteurs, universitaires et chercheurs autour de la thématique "comment entrer dans la société du savoir".
La traduction présente le moyen efficace pour investir la société du savoir a affirmé Barbara Cassin, directeur de recherches au Centre national des recherches scientifiques (CNRS), lors de cette rencontre philosophique organisée dans le cadre des activités du Centre d'analyses socio-économiques de la fondation ONA .
"Investir la société du savoir doit éminemment se faire par la traduction", a noté Mme Cassin rappelant que le monde arabe est l'un des premiers à avoir pratiqué la traduction au sens propre du terme.
Pour la conférencière, "aujourd'hui l'on peut dire que la langue du monde est la traduction", estimant que "le passage d'une langue à l'autre, c'est bien un passage d'une pensée à l'autre et d'une culture à une autre".
La dimension comparatiste est, selon Barbara Cassin, essentielle. "On ne parle et on ne pense bien dans une langue et dans un mode de pensée que si l'on s'aperçoit qu'il y en a d'autres", soutient-elle.
Présentant l'ouvrage "Vocabulaire Européen des philosophes : dictionnaires des intraduisibles" (Editions Le Robert et Seuil), elle a souligné que cette œuvre de quelque 150 chercheurs, qui traite 5000 mots ou expressions dans 15 langues européennes, a pour ambition d'accroître la conception du monde.
"C'est un livre qui part de la volonté d'accroître la conception du monde, repérer les intraduisibles et aborder les problèmes des équivoques dans d'autres langues", a-t-elle dit.
Ce Vocabulaire a l'ambition de constituer une cartographie des différences philosophiques européennes, en capitalisant le savoir des traducteurs. Il explore le lien entre fait de langue et fait de pensée, et prend appui sur ces symptômes que sont les difficultés de passer d'une langue à l'autre, écrit Cassin dans la présentation de cette publication.
C'est à la fois un instrument de travail d'un type nouveau, indispensable à la communauté scientifique élargie qui cherche à se constituer, et un guide de l'Europe philosophique pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs et les curieux de leur langue et de celles des autres.
Pour sa part, Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l'université de Nice Sophia-Antipolis a affirmé qu'"il faut toujours traduire pour accéder à la signification".
Pour partager le savoir, il est nécessaire à ses yeux d'aller au-delà de la traduction : "quand il y a traduction, même avec une maîtrise linguistique, mais sans l'éclairage du philosophe on arrive parfois à des ambiguïtés voir des contresens", relève l'intervenant.
La traduction présente le moyen efficace pour investir la société du savoir a affirmé Barbara Cassin, directeur de recherches au Centre national des recherches scientifiques (CNRS), lors de cette rencontre philosophique organisée dans le cadre des activités du Centre d'analyses socio-économiques de la fondation ONA .
"Investir la société du savoir doit éminemment se faire par la traduction", a noté Mme Cassin rappelant que le monde arabe est l'un des premiers à avoir pratiqué la traduction au sens propre du terme.
Pour la conférencière, "aujourd'hui l'on peut dire que la langue du monde est la traduction", estimant que "le passage d'une langue à l'autre, c'est bien un passage d'une pensée à l'autre et d'une culture à une autre".
La dimension comparatiste est, selon Barbara Cassin, essentielle. "On ne parle et on ne pense bien dans une langue et dans un mode de pensée que si l'on s'aperçoit qu'il y en a d'autres", soutient-elle.
Présentant l'ouvrage "Vocabulaire Européen des philosophes : dictionnaires des intraduisibles" (Editions Le Robert et Seuil), elle a souligné que cette œuvre de quelque 150 chercheurs, qui traite 5000 mots ou expressions dans 15 langues européennes, a pour ambition d'accroître la conception du monde.
"C'est un livre qui part de la volonté d'accroître la conception du monde, repérer les intraduisibles et aborder les problèmes des équivoques dans d'autres langues", a-t-elle dit.
Ce Vocabulaire a l'ambition de constituer une cartographie des différences philosophiques européennes, en capitalisant le savoir des traducteurs. Il explore le lien entre fait de langue et fait de pensée, et prend appui sur ces symptômes que sont les difficultés de passer d'une langue à l'autre, écrit Cassin dans la présentation de cette publication.
C'est à la fois un instrument de travail d'un type nouveau, indispensable à la communauté scientifique élargie qui cherche à se constituer, et un guide de l'Europe philosophique pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs et les curieux de leur langue et de celles des autres.
Pour sa part, Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l'université de Nice Sophia-Antipolis a affirmé qu'"il faut toujours traduire pour accéder à la signification".
Pour partager le savoir, il est nécessaire à ses yeux d'aller au-delà de la traduction : "quand il y a traduction, même avec une maîtrise linguistique, mais sans l'éclairage du philosophe on arrive parfois à des ambiguïtés voir des contresens", relève l'intervenant.
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