Les résultats définitifs sont tombés tard dans la nuit : Nicolas Sarkozy dépasse les 31% (31,11) au premier tour de la présidentielle et Ségolène Royal totalise près de 26% (25,84) des voix. Plus de cinq points séparent donc les candidats des deux grands partis de gouvernement, qui ont rassemblé à eux deux 20,7 millions d’électeurs. François Bayrou n’est pas en reste avec un score tout à fait conforme à ce qu’avaient prévu les sondages : le candidat UDF recueille 18,55 % des voix.
Participation Avec la performance des trois principaux candidats, l’une des surprises de ce scrutin est la
participation des Français. Le sursaut républicain a dépassé les attentes. Entre 83,6% et 84,5% de votants se sont rendus aux urnes, soit presqu’autant qu’en 1965 (84,75%), record absolu de la Ve République.
Effondrement du FN… Face à cette mobilisation massive pour les partis de gouvernement, les extrêmes s’effondrent, à commencer par Jean-Marie Le Pen. A l’inverse de 2002, le candidat du FN a fait
un score beaucoup plus médiocre que ne le laissaient entendre les sondages et le candidat lui-même. Avec 10,51 % des voix, Jean-Marie Le Pen n’avait jamais obtenu un résultats aussi bas depuis sa première participation à l'élection présidentielle en 1974.
…Et des petits candidats Aucun d’entre eux ne passe la barre symbolique des 5%. Mis à part Olivier Besancenot qui réitère son score de 2002 avec 4,35% des voix, tous les autres petits candidats présents il y a cinq ans reculent. Dominique Voynet est la grande victime de ce scrutin, avec 1,57% des voix, loin des 5,2% de Mamère en 2002. Marie-George Buffet s’effondre également avec 1,94% des voix, confirmant le déclin du Parti communiste.
Appels à voter De bonne guerre, la quasi-totalité des candidats de la gauche antilibérale
ont appelé à voter pour Ségolène Royal. Marie-George Buffet (PCF) Dominique Voynet (Verts) et Arlette Laguiller(LO) l’ont dit sans détour tandis qu’Olivier Besancenot (LCR) a appelé à «battre la droite dans la rue et dans les urnes». L'altermondialiste José Bové avait pour sa part indiqué dès avant le 1er tour qu'il appellerait à voter pour la candidate socialiste. A l'inverse, Gérard Schivardi (PT) n'entend pas donner la moindre consigne à ses électeurs.
A droite, par contre, ni le FN ni le MPF n'ont voulu se rallier à Nicolas Sarkozy. Quant à François Bayrou (UDF), il a soigneusement marqué son
souci d'indépendance. L’arbitre du jeu ne prévoit pas de s'exprimer avant mercredi. Frédéric Nihous (CPNT), enfin, attendra «les prochains jours» pour voir «s'il y a lieu de donner des consignes de vote».
La campagne reprend C’est reparti pour les
meetings dès ce lundi. Nicolas Sarkozy est attendu à Dijon, tandis que Ségolène Royal parlera à Valence. Leurs soutiens principaux doivent se succéder parallèlement dans les médias, notamment le premier secrétaire du PS, et compagnon de la candidate, François Hollande, qui doit intervenir sur France 2, I-Télé et France-Inter. Les deux candidats ont d'ores et déjà programmé plusieurs autres grandes réunions publiques avant leur duel télévisé, prévu le 2 mai. Ségolène Royal se rendra notamment à Montpellier, Lyon et Paris. Le candidat UMP est annoncé à Rouen, Clermont-Ferrand et Paris.